Enseignant de profession, ancien préfet de Kain, Mamoudou Belem a pris la tête du conseil municipal de Thiou. C’était le samedi 23 février 2013 en présence d’une foule venue de Ouahigouya, de Koumbri, de Kain, de Barga et des 35 villages de Thiou. Parmi les invités de marque, l’on peut citer l’ex-ministre de la Santé actuellement député à l’Assemblée nationale, Adama Traoré, le président du conseil régional du Nord et Aboubacar Relwindé Sawadogo. Boureima Jérémie Sigué, fils de la commune, fondateur des Editions Le Pays, et promoteur de Radio Wend Panga, s’est fait représenter par la directrice de ladite Radio, Fatimata Ouédraogo. Ouvrant le bal des allocutions, l’émir de Thiou a appelé les fils et filles à la cohésion. « Le maire sortant n’a pas été médiocre, et le maire entrant ne sera pas un génie », a-t-il publiquement laissé entendre avant d’appeler toutes les forces vives de la localité à accompagner le nouveau maire dans ses nouvelles fonctions. Du haut de la tribune, le président de l’Association économique et sociale Thiou-kain, a dit haut et fort que Thiou a besoin de tous ses fils pour son épanouissement. « Je voudrais en ces moments solennels, dire que la campagne électorale est finie. Oublions toutes les considérations basées sur le groupe ethnique, la couleur politique ou l’appartenance religieuse », a-t-il dit sous les ovations nourries de l’assistance. Pour sa part, le maire sortant Harouna Belem, a pris la parole pour dire, d’une voix émue, merci à la population qui l’a élu en 2006. Il a rendu un hommage à ses anciens collaborateurs et a dit toute sa reconnaissance à l’endroit des autorités provinciales qui, selon lui, ont donné des rudiments nécessaires pour le fonctionnement de la mairie. « Car, quand nous venions en 2006, nous ne savions rien de la gestion d’une commune », a-t-il précisé. « Population de Thiou, notre commune est difficile à gérer, mais j’ai fait tout ce que je pouvais pour la servir humblement. Nous partons avec une conscience tranquille, mais ayant à l’esprit que nous n’avons pas pu combler toutes les attentes des populations. Mon vœux le plus cher est que mon jeune frère fasse mieux que moi. Ce que je voudrais dire publiquement ici, c’est qu’il n’y a aucun problème entre le maire entrant et moi comme certains tentent de le faire croire. Je voudrais ici lui présenter toutes mes vives félicitations pour sa brillante élection ». Tonnerre d’applaudissements.
« Il n’y a pas de brouille entre nous »
Place a ensuite été donnée au haut-commissaire de la province du Yatenga, Seydou Coulibaly pour officialiser l’entrée en fonction de Mamoudou Bélem. Il a demandé au nouveau maire d’avoir de bons conseillers pour être un bon décideur. Ensuite, il lui a dit d’être un négociateur averti pour mieux discuter avec les partenaires. Puis, le premier responsable du Yatenga a exhorté le nouveau maire à être un mobilisateur. Enfin, il a insisté pour que le nouvel édile soit un fin communicateur, qui sait écouter et comprendre. Le dernier à prendre la parole était l’heureux élu, Mamoudou Bélem. Il a, dans son adresse pleine d’émotion, appelé à l’union des forces pour faire avancer la commune de Thiou. « Le développement de Thiou n’est pas l’affaire de ma seule personne. J’ai besoin du soutien de tout un chacun de vous pour faire de Thiou un miroir où peuvent se mirer tous les fils et filles. Je voudrais aussi, lancer un appel pressant à l’endroit des filles et fils de Thiou vivant ailleurs de ne pas oublier la source. Ne tournez pas le dos à la localité. Nous avons besoin de votre soutien pour amorcer un développement véritable », a-t-il déclaré
Quant à la supposée brouille qui existerait entre lui et son grand frère, le nouveau maire affirme : « Ce sont les gens qui amplifient les choses ;
sinon personne ne peut dire avec précision qu’il y a une brouille entre nous. Entre lui et moi, nous sommes issus de la même famille et il m’a toujours soutenu. La preuve, jusqu’à demain quand je pars à Ouagadougou, je suis hébergé chez lui ».
La cérémonie d’installation a été entrecoupée par des prestations d’artistes modernes et traditionnels. Le groupe « Wend-Daabo » de Ouahigouya a émerveillé le public. Les troupes locales n’ont pas, elles non plus démérité. Bien au contraire, elles ont même obligé bien des autorités à mettre la main à la poche pour distribuer des billets de banque lorsqu’elles leur faisaient des éloges.
La fête, aux dires des uns et des autres, fut simplement belle.