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Le Pays N°5382 du mercredi 19 juin 2013
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Particulier, met en location le rez-de-chaussée d’un immeuble R + 3 situé aux 1200 Logements à 100 m de l’Avenue Babangida (Ouagadougou, Burkina Faso). Disponible immédiatement.

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Dimensions des pièces

Bureau N°1 : 21 ,64 m2

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mercredi 19 juin 2013

DEMOCRATIE EN AFRIQUE

  Et si on arrêtait de regarder vers la France ?
Publié le mardi 8 mai 2012

Page visitée 1174 fois

C’est un fait que les Africains francophones sont devenus très friands des grands rendez-vous électoraux français. Le scrutin présidentiel en particulier polarise l’attention. Sur le continent, beaucoup se laissent volontiers gagner par l’ivresse de ces échanges radio-télévisés, au point d’être frustrés lorsque l’Afrique n’y apparaît pas comme étant une priorité. A croire que nécessairement, le vainqueur de ces joutes oratoires, serait le messie appelé à sauver le continent de la mal gouvernance ! Pourquoi donc ce regard constamment tourné vers les autres ? Pourquoi toujours attendre que le salut vienne de la France en particulier ?

L’effervescence de la vie politique française est le fruit d’une longue gestation. A commencer par la révolution de 1789. L’intensité du débat démocratique qui a cours avant, pendant, et au lendemain des consultations électorales, est tributaire de ce long cheminement au cours duquel le peuple français a consenti de lourds sacrifices. Pourquoi les élections françaises doivent-elles donner lieu à tant de conjectures ? Pourquoi ne pas s’affranchir de ce tutorat qui agace par moments ? Pourquoi donc cette habitude de tourner résolument le regard vers les autres lorsqu’il s’agit d’examiner nos problématiques de développement de l’Afrique ?

Suite à la glasnost, des pays d’Europe de l’Est ont fait la révolution et demandé l’assistance de l’Occident qui a alors accouru à leur chevet. Presqu’immédiatement, des voix se sont élevées du continent noir pour demander que la coopération avec ces pays de l’Est ne se réalise pas à ses dépens. Ce fut le même cas, au lendemain des tsumanis politiques intervenus dans les pays d’Asie. Pourquoi cet « aplaventrisme », cinquante ans après les indépendances ? Pourquoi s’infantiliser autant ? Et d’ailleurs, pourquoi passer le temps à s’apitoyer sur son propre sort lorsqu’après avoir mendié, on n’hésite même pas à dilapider l’épargne des autres ? N’est-il pas temps pour les Africains, de prendre leurs responsabilités et de s’assumer ? On peut s’en sortir en s’appuyant sur la société civile qui a suffisamment fait du chemin. Certes, dans certains pays, elle est encore balbutiante, hésitante ou amorphe. On en trouve qui sont bien infiltrées par des éléments du pouvoir, ou qui évoluent en dents de scie, car les membres ne sont pas si désintéressés qu’on le pense. A l’inverse, dans des pays comme le Sénégal, la société civile marque régulièrement des points. Récemment par exemple, elle a su mobiliser les Sénégalais pour faire échec aux dérives du président Wade, atteint de la boulimie du pouvoir. A Dakar, des mouvements sociaux sont apparus, qui ont rapidement occupé le terrain, notamment les jeunes du collectif « Yen a marre ».

Quelle que soit la nature du pouvoir, quelque chose est toujours possible. Reste à savoir évoluer suivant le contexte. Mais la société civile, à travers ses différentes composantes, doit savoir demeurer vigilante. A elle d’activer la machine devant permettre de développer la conscience citoyenne. Pour être plus responsable, le citoyen a besoin d’être mieux encadré. Il faut donc travailler davantage à ce niveau. A la société civile de s’organiser pour mieux gagner en crédibilité. Elle doit savoir monter la garde quand le peuple s’endort. Par contre, elle ne doit pas prendre le risque d’outrepasser ses prérogatives. Au-delà de la société civile, il y a l’ensemble du peuple qui s’exprime à travers les partis politiques, ceux de l’opposition en particulier. L’opposition a son rôle à jouer, lequel est différent de celui des détenteurs du pouvoir. Elle doit savoir faire preuve d’une plus grande maîtrise de soi, et résister aux chants des sirènes du pouvoir et de l’argent. Toutes tendances confondues, la classe politique africaine doit aller de l’avant. Il faut tourner la page afin qu’un nouveau leadership émerge et fasse oublier la mal gouvernance qui a énormément fait du tort à la réputation du continent et beaucoup nui à ses intérêts. L’Afrique peut se forger elle-même son destin démocratique, sans attendre que tout lui tombe de… la France.

« Le Pays »

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9 Messages de forum

  • DEMOCRATIE EN AFRIQUE 9 mai 2012 09:07, par Mercredimatin

    C’est quoi, un Africain ?

    Répondre à ce message

  • DEMOCRATIE EN AFRIQUE 9 mai 2012 10:36, par Afrique

    Merci au Pays pour ce bel article. A la question posée par le premier forumiste, je repondrai : l’africain c’est toujours le bébé qui tète le sein de sa mère ou le madiant qui tend toujours la main pour recevoir.
    Pourquoi vouloir toujours tendre la main à la France ? Le Brésil, l’Argentine, la Colombie, le Vénézuela... ont été colonisés par l’Espagne ou le Portugal. Le Brésil est la 9ème puissance économique mondiale, l’Espagne ne voit même pas sa poussière comme on le dit. Mais comment ont-ils faits pour surplanter leurs colonisateurs ? La repone est simple : ils ont travaillé durs. Pourquoi nous les africains, nous refusons le travail ?
    J’ai toujours dit : le paradis se construit avec les mains et se vit. Eux les occidentaux ont construits leur paradis. Construisons le notre. La main qui reçoit est toujours en dessous de la main qui donne. Ayons aujourd’hui le courage de nous sacrifier pour les générations à venir sinon nous resterons maudits à jamais.

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    • DEMOCRATIE EN AFRIQUE 9 mai 2012 13:35, par anta

      Moi j’appelle ça le complexe du Garibou. "Allah garibou barçilah", c’est la complainte journalière des africains devant les portes de européens. Ils ne connaissent pas la honte parce que pour eux c’est un état normal.Les psychologues disent que c’est le complexe de Stokholm, ce complexe qui fait que la victime tombe amoureuse de son bourreau.Les meilleurs médecins des Africains restent des gens comme Thomas Sankara, Kwamé Nkruma. Qui va aller les réveiller pour nous ?

      Répondre à ce message

  • DEMOCRATIE EN AFRIQUE 9 mai 2012 11:28, par Minnayi

    Grand merci pour ce bel article. A ce que vous avez dit j’ajouterai que le véritable problème de nos jours au BF par exemple, c’est celui du manque d’instruction des jeunes qui sont les plus nombreux, et sur qui repose l’espoir du changement de comportement, de mentalité ou du changement tout court.

    Vous aviez évoqué à juste titre le cas du Sénégal ou la société civile, mais surtout la jeunesse a joué un grand rôle dans les élections passées. Cela a pu se faire parce que les jeunes sont instruits (une grande majorité) et comprennent l’enjeu du choix d’un président. Au BF, beaucoup de jeunes ne sont pas instruits ou pas assez, à même de comprendre que leur destin, leur développement dépend plus des dirigeants qu’ils choisiront que de Dieu ou de la bénédiction de leurs ancêtres.

    Le premier obstacle au développement du BF actuel est un problème de mentalité, de manque ou d’insuffisance d’instruction. Ce n’est pas forcément l’instruction en langues étrangères mais aussi langues nationales, le souci étant de pouvoir comprendre pourquoi on vote ou pourquoi on doit voter parce qu’on décide de son avenir en votant. Le défi actuel de nos politiques ou de nos groupes de pression (société civile, médias,...) devrait être la sensibilisation et ce, surtout en période non électorale afin de permettre aux électeurs de se préparer et de voter en connaissance de cause. La jeunesse doit comprendre que si elle veut le changement, cela est possible et par son seul fait, et non en boudant les élections comme cela est le cas ces dernières années.

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    • DEMOCRATIE EN AFRIQUE 9 mai 2012 14:00, par matyp & K’emp

      @Minnayi : d’habitude je ne suis pas d’accord avec toi (lol, je plaisante), mais là, je partage entièrement ton avis sur l’éducation de la jeunesse. Ton analyse est très pertinente.

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  • DEMOCRATIE EN AFRIQUE 9 mai 2012 13:47, par matyp & K’emp

    Merci pour ce message. Je m’effrayais d’être le seul à penser ainsi, mais je constate avec joie le contraire.

    J’en profite pour dire aux afro-pessimistes qu’il faut qu’ils arrêtent de raconter des mensonges. Ce n’est pas parce que l’Afrique n’est pas au même niveau que les autres que nous devons baisser les bras et attendre l’Aide. Nos ancêtres n’ont pas eu besoin d’aide pour que nous nous puissions voir le jour aujourd’hui, nous devons à notre tour rester vigileants. Il est dit en effet que celui qui emprunte est l’esclave de celui qui prête.

    Félicitation en tout cas au Pays pour cet article qui j’espère sera le premier d’une série qui dénoncera les préjugés de l’Afrique Noire francophone.

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  • DEMOCRATIE EN AFRIQUE 9 mai 2012 16:43, par leNostalgique

    Le Burkinabè est à peine sortie de la férule venue d´ailleurs qu´il est tombé sous le joug de ses propres frères.

    En 1983 de brillants jeunes officiers ont pris conscience qu´il fallait se liberer et liberer leur peuple de ses peurs à travers une oeuvre salutaire mais ô combien gigantesque ! Au péril de leurs vies, ils ont engagé une bataille qui devait conduire ce peuple vers l´horizon du bonheur.

    Mais très rapidement certains ont été dégouté d´avoir à toujours batailler alors qu´il y avait à portée de mains des cantines pleines.

    La tentation fut trop forte, si forte qu´ils n´y resistèrent pas. Ils fondirent sur ceux qui se voulaient des défenseurs de l´intérêt collectif. Ils sévirent sans pitié, jalonnant leur parcours de regretés. Infligeant au passage une terreur sans precedant au peuple martyr qui voyait pour la première fois la cruauté dont étaient capables ses propres fils. Atteré, ce peuple se prostra de peur et de dégoût. Il pleura presque silencieusement à chaque fois qu´on lui porta un nouveau coup. 1988... 1991...1998...

    Tout au long des 25 ans passés dans cette terreur silencieuse, l´élite de ce peuple n´a pas oublié. Il a toujours peur, il est toujours prostré.

    De qui viendra le salut et la foi en un avenir meilleur ? Certainement pas de ceux qui l´ont si violemment attristé.

    Alors, ce peuple attend, attend et attend encore. On l´a gifflé. Il a tendu l´autre joue. On l´a encore gifflé. Il sait que s´il tend à nouveau la joue, on gifflera encore. Alors il a choisi l´amnésie. L´amnésie comme moyen de survie. Une amnésie volontaire. Qu´il ne pourra que payer. Cher, très cher...

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    • DEMOCRATIE EN AFRIQUE 9 mai 2012 17:26, par Gombo Sec

      Autre son de cloche par rapport à l’article : il est à la fois creux et touffu ! Cher journaliste, où vas-tu ? que veux-tu ? En rappel, la société civile sénégalaise a aidé WADE a venir au pouvoir et a même flirté avec lui en cours de mandat. Elle a ensuite été déterminante dans sa chute.
      Juste pour faire comprendre aux forumistes et autres journalistes que nous devons aller au-delà de la démocratie électoraliste qui se raffolent pour le Sénégal et sa société civile ! Ouvrez l’oeil et l’esprit que nous devons chercher ensemble les voies originales de démocratie et de développement.

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    • DEMOCRATIE EN AFRIQUE 9 mai 2012 18:50, par Tapsoba

      C est ça la vérité.Mais comme le disait A.Camus,"La vérité ,comme la lumière aveugle.Le mensonge,au contraire,est un beau crépuscule qui met chaque objet en valeur"

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