CONDAMNATION DES COUPS D’ETAT
Manuel Zelaya, une victime "heureuse"
mardi 29 septembre 2009, page visitée 278 fois
Le président renversé du Honduras, Manuel Zelaya, est un sacré veinard. Après avoir réussi l’exploit de retourner dans son pays – même s’il s’est réfugié dans une ambassade – à la surprise générale des nouvelles autorités, il vient de réussir un autre. Il s’agit de son adresse à la 64e Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) par la magie du téléphone depuis son refuge. C’est un vrai soutien de l’organisation mondiale qui, d’ailleurs, ne l’a jamais laissé tomber depuis qu’il a été destitué. Bon nombre de chefs d’Etat évincés auraient aimé avoir bénéficié d’un tel soutien au moment où ils ont été chassés du pouvoir. Sauf oubli de notre part, ils ne sont pas nombreux à en avoir bénéficié. La plupart du temps, l’ONU se borne à condamner les coups d’Etat, à menacer les nouvelles autorités de sanctions individuelles ou collectives (gels de biens, interdictions de voyager, embargo, exclusion de l’organisation, etc.). A l’évidence, cela ne fait ni chaud, ni froid aux putschistes dont beaucoup ont fini par comprendre l’âme de l’ONU, de la fameuse communauté internationale : il faut savoir tenir dès les premiers moments et l’on finira par se faire oublier ou accepter car les premières condamnations sont proférées par principe. Et malheur au chef de l’Etat qui aura perdu son pouvoir car dans la plupart des cas, il ne peut plus le retrouver. Lui-même finit par se rendre à l’évidence que malgré les soutiens qui lui sont témoignés, sa couronne lui a été ravie pour de bon.
Toutefois, ce qui se passe avec l’ancien homme fort de Tegucigalpa marque une petite rupture avec ce que l’on a vu jusque-là surtout en Afrique, continent réputé pour ses coups d’Etat que même la démocratie, instaurée dans les années 90, n’a pas encore réussi à éradiquer. Malgré le temps qui passe, le soutien de l’ONU à Manuel Zelaya est constant. L’organisation le considère toujours comme le président légitime du Honduras. A y voir de près, on se demande si cette fermeté de l’organisation n’est pas liée à la fermeté de l’ensemble des pays de l’Amérique du Sud qui ont condamné sans ambages le coup de force de Roberto Micheletti. Parallèlement, ils ne ménagent pas leur soutien au président déchu. L’ONU ne peut donc qu’appuyer fortement cette attitude, qu’aller dans le sens du rejet ferme du coup de force.
Si jamais le soutien exprimé à l’homme au chapeau du Honduras lui permettait de retrouver son fauteuil, ce serait la preuve que l’ONU, quoique l’on dise, dispose de moyens de coercition. Ce serait aussi la preuve que l’ONU, ce ne sont pas seulement des résolutions prises qui ne sont jamais respectées sur le terrain. D’une manière générale, l’ONU doit passer de la parole aux actes dans la condamnation des coups d’Etat. Cela peut se traduire par l’usage, au besoin, de la force pour rétablir un président élu qui a été renversé. Dans le même temps, elle devra aussi rappeler à l’ordre les chefs d’Etat qui, une fois élus, n’en font qu’à leur tête et oppriment leur peuple. En d’autres termes, il faudra faire de telle sorte qu’il n’y ait pas de terreau fertile aux coups d’Etat.