CINQUANTENAIRES DES FORCES ARMEES NATIONALES
L’émancipation de l’Afrique est l’oeuvre des anciens combattants
lundi 23 août 2010, page visitée 199 fois
Dans le cadre du cinquantenaire de l’indépendance du Burkina et du cinquantenaire des Forces armées nationales, le ministère de la Défense a organisé une conférence publique le lundi 23 août 2010 dans la salle de conférences du Conseil burkinabè des chargeurs (CBC) à Ouagadougou. Cette conférence a été placée sous la présidence du ministre de la Défense, Yéro Boly. Elle a connu la participation de nombreux militaires, paramilitaires et de quelques civils.
"Anciens combattants et éveil politique en Afrique" et "le musée des armées".Ce sont les deux thèmes développés respectivement par le professeur Basile Guissou, directeur du Centre national de recherche scientifique et technique (CNRST) et le colonel Kouliga Zongo, directeur du centre culturel des Armées. Dans son exposé, le 1er panéliste, le Colonel Kouliga Zongo, a présenté le musée, sa définition, ses missions, ses principales activités et les perspectives. Le musée des armées a été créé en juin 1999 et dispose de nos jours, d’environ 500 objets toutes catégories confondues.
Le musée, un canal de rapprochement entre militaires et civils
Selon le colonel Kouliga Zongo, le musée est un canal de rapprochement entre les militaires et les populations. C’est également un lieu de valorisation de l’armée. Le musée, a dit le panéliste, regroupe les valeurs cardinales à inculquer aux militaires. Pour bien mener ses activités de collecte des objets et de conservation, le musée des armées entretient des relations de collaboration avec d’autres structures sur le plan national et international dont le musée national.
Les perspectives
Comme perspectives, l’Armée veut faire de son musée, un musée de référence et une vitrine sur le plan national et international, a confié le colonel Kouliga Zongo. Il a invité les uns et les autres à apporter leurs contributions pour que le musée dont le site s’étend sur une superficie de 2 hectares et en plein chantier, puisse atteindre ses objectifs. Le second panéliste, le professeur Basile Guissou, a axé son exposé sur l’action anti-colonialiste hors de l’Afrique et l’action anti-colonialiste à l’intérieur du continent noir.
La résistance des Noirs
Selon M. Guissou, les Africains ont résisté sous différentes manières : par les armes, la révolte, la ruse etc. On a voulu faire de l’Afrique une sous-Europe, a-t-il indiqué. Le professeur Basile Guissou a fait noter que l’esprit de lutte contre l’ordre colonial a été renforcé par l’armée. La révolte contre les travaux forcés a été l’oeuvre des anciens combattants. De retour dans leurs pays respectifs, les survivants de la guerre mondiale n’ont plus accepté le statut d’infériorité que veulent leur donner les gouverneurs colons. Le professeur Guissou s’est beaucoup appesanti sur les actions de lutte qui ont favorisé l’accession des pays africains à l’ indépendance. Il a salué les actions des figures emblématiques de la Haute Volta dont l’ancien président Sangoulé Lamizana. Il a manqué le savoir aux anciens combattants pour mieux organiser leur lutte et la réussir. La non-valorisation de leurs pensions est due à leur inorganisation, a soutenu le panéliste Guissou. Le ministre de la Défense, Yéro Boly qui a pris la parole à l’issue des communications, a remercié les panélistes pour la pertinence des thèmes développés. Pour lui, les participants qu’ils sont se sont sentis interpellés sur les droits des anciens combattants qui restent toujours un sujet d’actualité. Le cinquantenaire, a-t-il dit, offre une opportunité pour explorer le passé et le valoriser. Selon le ministre Yéro Boly, la conférence a permis de savoir la contribution des anciens combattants à l’éveil politique des Etats africains et de voir ce que chacun apporte pour valoriser les valeurs culturelles des Forces armées à travers la mise en place du musée. L’alignement des pensions des anciens combattants est une décision qui arrive bien tard car beaucoup d’entre eux sont décédés et il n’est pas évident que leurs ayants droit puissent bénéficier de ces pensions revalorisées. Ce qui est fort regrettable, a reconnu le ministre de la Défense. Cette conférence coïncidait avec la journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition et de la journée des tirailleurs sénégalais. Cette dernière journée est célébrée cette année à Bobo Dioulasso. De l’avis du ministre Yéro Boly, elle donne l’occasion aux anciens combattants de rendre hommage à ceux qui ne sont plus de ce monde mais surtout à ce qu’ils ont fait de leur vivant pour défendre la liberté et l’honneur des Africains et pour faire en sorte que la contribution de l’Afrique à la promotion de la liberté et de la paix à travers le monde, soit connue, valorisée et saluée.