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Le Pays N°4549 du mardi 09 février 2010
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SOMMET MONDIAL SUR L’ALIMENTATION

Les grands boudent la table
lundi 16 novembre 2009, page visitée 153 fois

"Le combat contre la faim peut être remporté", martèle à l’envi le Directeur général de la FAO (Organisation pour l’Agriculture et l’Alimentation). La formule révèle sans doute ses propres convictions et celle de la structure dont il a la charge, quant à la gestion de la difficile question alimentaire à l’échelle mondiale. Mais, il faut le reconnaître, le slogan, pour percutant et incitatif qu’il se présente, n’est visiblement pas la tasse de thé de tout le monde. Pour preuve, le présent sommet de la FAO qui s’ouvre à Rome sera snobé par la quasi-totalité des dirigeants du G8. A l’exception du chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi (il est tout de même l’hôte de la rencontre), aucun autre grand des 8 n’y sera présent. Autant dire que 60 "petits" composés d’Asiatiques, de Latino-Américains et d’Africains, les éternels pauvres, en somme, se réuniront pour parler « sécurité alimentaire ». Ils auront, on peut se consoler, la caution morale du Secrétaire général de l’ONU Baan Ki-moon ainsi que celle du Souverain Pontife Benoît XVI, mais il faut le reconnaître, lorsque viendra le moment de délier la bourse, on ressentira forcément que les "bailleurs" sont inscrits aux abonnés absents. Que pourront faire et décider ces pauvres du Tiers-Monde sans la présence et l’aval des véritables décideurs qui possèdent le nerf de la guerre ? On risque fort d’assister là, à un sommet de plus, et qui ne va pas vraiment accoucher d’autre chose que d’une souris.

Les uns et les autres expliquent que les dirigeants du G8 éludent le sommet pour différentes raisons. La crise financière a créé, même chez eux, des difficultés inattendues, que chacun s’échine à résoudre de la manière qu’il peut. On parle aussi du scepticisme qu’ils ont du mal à cacher vis-à-vis de la FAO dont ils remettent en cause et la politique et même la gestion. Toutes sont des raisons qui ont leurs justifications, sans doute. Mais il se pourrait aussi qu’il s’agisse de quelque chose de plus simple. Les pays nantis peuvent s’être lassés et, par voie de conséquence, avoir décidé de se désintéresser de cette sécurité alimentaire qui, après tout, est une préoccupation des pays pauvres. Chacun ayant suffisamment de problèmes chez soi, que les pays du Tiers-Monde aussi apprennent à gérer les leurs.

Jacques Diouf a beau rappeler aux Etats nantis les promesses qu’ils avaient faites, en juin 2008, de réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim d’ici à l’an 2015, cela peut ne pas forcément se révéler payant. Lorsqu’on ne veut pas, on ne peut pas. On pourra toujours rétorquer que l’aide qu’ils apporteront et qui assurerait la sécurité alimentaire ne ferait que générer des retombées bénéfiques pour eux, en matière d’immigration par exemple. Mais même là, rien qu’à voir les nouvelles mesures dont ils se dotent pour se barricader chez eux et éviter de nouvelles invasions de hordes d’affamés, on se convainc bien vite que l’immigration zéro que certains préconisent n’est pas du tout irréalisable.

Alors ? Il faut en toute sagesse en tirer de positives leçons. Plutôt que de passer le temps à se lamenter et à pleurnicher, les pays du Tiers-Monde seraient bien inspirés de tirer les leçons qui s’imposent de ce faux bond des pays nantis à un sommet qu’ils ont cependant voulu à vocation mondiale. Car, en toute lucidité, cette politique de la sébile toujours tendue, non seulement elle n’honore pas celui qui quémande, mais en plus, elle finit par lasser celui qui donne. Les pays pauvres ont l’obligation de trouver une nouvelle politique et surtout, ils ont le devoir de savoir la mettre en Å“uvre. Car après tout, nul ne peut sérieusement exiger qu’on lui donne. Les pays riches, en toute légalité n’ont aucune obligation d’aider les pays pauvres. Et c’est bien la raison pour laquelle il est plus que temps que les pays nécessiteux décident enfin de regarder la réalité en face : si les riches refusent de vous aider, essayez de vous passer de l’aide que jadis ils vous apportaient. Bien évidemment, il s’agit là d’une nouvelle attitude qui suppose un nouveau comportement et exige de nouvelles politiques pour son accomplissement. Mais pourquoi pas ? On n’a jamais rien pour rien. Et en plus, l’honneur serait sauf.

La coopération Sud-Sud, si elle n’offre pas en la matière la salvatrice panacée, demeure sans doute une thérapie digne d’intérêt. On ne peut pas reprocher aux Etats-Unis ou à l’Europe de susciter des accords de partenariat dans lesquels ils recherchent leurs intérêts. C’est de bonne guerre et en la matière, personne ne joue pour perdre. Mais les pays pauvres peuvent eux aussi générer des accords et des échanges sains entre eux. Ils en sortiraient tous gagnants et sans doute avec le sentiment que ce qu’ils recherchaient, ils l’ont obtenu sans avoir à implorer la magnanimité ou la pitié de qui que ce soit.

A supposer que ce sommet de Rome soit "manqué" parce que les dirigeants du G8 l’auront "feinté", il se peut qu’il ne soit pas totalement négatif. S’il a pour effet d’ouvrir les yeux des pays pauvres et de leur faire comprendre que les pays riches leur adressent une invite indirecte à savoir "se débrouiller" tout seuls pour trouver des solutions à leurs problèmes, il n’aura pas été un échec sur toute la ligne. On a même envie de dire : enfin, ils nous auront ouvert les yeux. Lorsqu’on se rend compte que le continent africain a de quoi nourrir l’ensemble de sa population et qu’en même temps on constate les ravages causés chaque année par la famine et la malnutrition sur ce continent, on est vite convaincu que quelque chose quelque part se doit d’être fait. Et s’il se trouve par hasard que de traditionnels alliés, pour des raisons qui leur sont propres, ne peuvent être d’un quelconque secours à cet effet, c’est aux fils de ce continent qu’il revient tout naturellement de se mettre à la tâche pour bâtir courageusement et leur futur et leur continent. Le chemin peut être long et parsemé d’embûches, mais ils n’auront d’autre choix que de le faire. On ne demande pas à autrui qu’il vienne construire la case de votre mère à votre place. Un enfant qui meurt toutes les 6 secondes, c’est une vie de moins et une douleur de trop. C’est inhumain, inacceptable et tout simplement insoutenable.

"Le Pays"

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1 Message

  • SOMMET MONDIAL SUR L’ALIMENTATION

    17 novembre 2009 16:22, par Lecitoyen

    Ils n’ont pas bouté le sommet.Eux même ont leurs problèmes auxquels ils cherchent solutions.Pourquoi alors assister à un sommet qui va encore les créer d’autres problèmes ?Ils ont bien fait de ne pas venir.D’ailleurs combien de sommets du genre ont déjà eu lieu au mêm sujet ? Ce sont pas les sommets qui vont trouver des solutions à la faim.Les discours ne sont plus à tenir.Nous avons besoin d’actions.Combien de millions serviront d’ailleurs à l’organisation de ce sommet ?Les solutions sont là il faut repartir à la terre et on a pas besoin de plus de ressources pour le faire.Ils nous ont assez aidé maintenant.Si on veut effectivement que la faim disparaisse de nos pays il y a pas mille et une voie, c’est l’agriculture.

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