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Le Pays N°4549 du mardi 09 février 2010
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DIALOGUE INTERGUINEEN

Les Forces vives remettent leurs contre-propositions aujourd’hui
dimanche 22 novembre 2009, page visitée 625 fois

Le second round des négociations interguinéennes a commencé depuis le 18 novembre 2009. Si du côté du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement), on se montre assez satisfait, ce n’est pas le cas chez les Forces vives guinéennes. En effet, elles ont rejeté la synthèse proposée par le facilitateur, Blaise Compaoré. Ce dernier les a rencontrées le samedi 20 novembre 2009 et leur a demandé de rédiger un document qui contiendra leurs contre-propositions. Ce document sera, en principe, remis au facilitateur aujourd’hui lundi.

Blaise Compaoré, facilitateur du dialogue interguinéen, a soumis à tour de rôle, le 19 novembre dernier, aux deux camps le projet d’accord politique interguinéen qui contenait la synthèse de leurs propositions recueillies lors du premier round. Des principaux points de cet accord, il ressort l’institution d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur les évènements du 28 septembre 2009 ; celle du Conseil national de transition (CNT) présidé par le chef de l’Etat, le capitaine Dadis Camara, qui nommera un Premier ministre issu des Forces vives. Et la tenue d’élections d’ici octobre 2010 et auxquelles tous les membres du CNT peuvent se présenter à condition de démissionner de leur poste quatre mois plus tôt. Mais la rencontre qui devait mettre face à face le CNDD et l’opposition le lendemain 20 novembre pour décider de la signature ou non de l’accord, n’a pas eu lieu. En effet, le camp des Forces vives a envoyé une déclaration qui rejetait les propositions du projet d’accord. Cette déclaration, en plus du rejet, sous-tendait une éventuelle remise en cause de la médiation du facilitateur burkinabè. Mais quelques heures plus tard, à l’hôtel Silmandé, base des Forces vives, Sydia Touré, Louseny François Fall, Sy Mariama Diallo et Jean Marie Doré, diront : "C’est le document qui est rejeté et non le médiateur."

Le lendemain 21 novembre, une conférence de presse a été convoquée, mais arrivés sur les lieux, les journalistes ont été informés qu’elle a été décommandée. Mais il s’en est trouvé une personne qui a tenu à s’exprimer. ll s’agit de Cheick Tidiane Traoré, secrétaire permanent du parti GPT (Guinée pour tous). Pour lui, les Forces vives sont divisées car les jeunes leaders sont exclus des négociations. Parmi les 12 membres de la délégation officielle, il n’y avait aucun jeune leader. "Les jeunes ont formé leur mouvement et sont venus à Ouaga à leurs frais. Le protocole de la présidence du Faso est venu nous dire qu’à midi, les frais de l’hôtel seront à notre charge." Selon lui, tout ceci s’expliquerait par le fait que les jeunes leaders veulent que le Premier ministre de la transition soit un jeune. Par ailleurs, il ne rejetait pas l’accord du facilitateur et appelait les autres à rejoindre la table du dialogue. "Je suis actuellement seul mais j’irai jusqu’au bout pour cela."

Quoi qu’il en soit, les Forces vives ont été reçues quelques heures plus tard par Blaise Compaoré qui leur a demandé de ne pas perdre confiance en sa médiation. Il leur a ensuite demandé de produire un document où seront consignées leurs contre-propositions. Il s’agit entre autres, de la non-candidature du capitaine Dadis Camara et de tout autre membre du CNDD aux élections. De ne pas mettre à la tête du CNT un chef de l’Etat, car à leur avis, le CNT est un organe consultatif ou législatif. Et enfin, de revoir la composition du futur gouvernement d’union nationale, qui ne se composerait que d’un tiers des Forces vives. Ces contre-propositions seront remises, en principe, aujourd’hui lundi au facilitateur pour que celui-ci fasse une éventuelle révision du projet d’accord politique, pour une sortie de crise en Guinée-Conakry.

Les points de désaccord

Voici la déclaration n°13 portant rejet des Forces vives (l’article A.2 de l’annexe 1) du projet d’accord politique.

"A l’invitation de Son Excellence, Monsieur Blaise Compaoré, président du Faso et médiateur dans la crise guinéenne, une délégation du forum des Forces vives de Guinée s’est rendue à Ouagadougou (Burkina Faso) du 18 au 20 novembre 2009. A cette occasion, la délégation a reçu du médiateur un projet d’accord politique global interguinéen. Après un examen approfondi dudit projet, la délégation a relevé avec un grand étonnement que : 1 - Les préoccupations fondamentales des populations guinéennes par le forum des Forces vives exprimées dans le mémorandum remis au facilitateur, pour une transition apaisée en République de Guinée, n’ont pas été prises en compte dans le projet d’accord politique. 2 - Les recommandations, les résolutions et communiqués finaux de la CEDEAO, du Groupe international de contact sur la Guinée, de l’Union africaine, de l’Union européenne ainsi que le conseil de sécurité des Nations unies ont été purement et simplement ignorés : notamment, ceux relatifs à la non-candidature aux prochaines élections nationales des membres du CNDD, de son président, du Premier ministre et des membres du gouvernement, ainsi que la mise en place, sur la base du retrait du CNDD, des nouvelles autorités de transition. En conséquence, la délégation du forum des Forces vives a pris la décision de rejeter le projet d’accord politique, tel qu’il lui a été soumis. En outre, elle se réserve le droit, après consultation de sa base en Guinée, de se prononcer quant à sa position par rapport à la médiation. Au demeurant, le forum des Forces vives lance un appel solennel au peuple de Guinée pour qu’il reste mobilisé afin de défendre ses droits légitimes pour l’avènement de la démocratie, de la justice et du progrès économique et social.

Ouagadougou, le 20 novembre 2009 Depuis Ouaga, Forum des Forces vives de Guinée"

Quid du Conseil national de la transition

Le bureau exécutif du CNT est composé de vingt (20) membres répartis comme suit :
- Président : le chef de l’Etat issu du CNDD ;
- Vice-président : un représentant du forum des Forces vives de Guinée ;
- Membres : représentants des Forces de défense et de sécurité (4) ; représentants des partis politiques (6) dont 4 issus du forum des Forces vives et 2 hors du forum des Forces vives ; représentant des organisations syndicales (2) ; représentantes des organisations féminines (2) ; représentant des organisations de la jeunesse (2) ; représentants des communautés religieuses (2).

Source : Projet d’accord politique global interguinéeen (Article A 2)

Ce que devrait être le gouvernement d’union

En application du paragraphe 3.3.2. de l’Accord politique global interguinéen, les postes ministériels au sein du gouvernement d’union nationale sont répartis ainsi qu’il suit :
- 10 issus du CNDD ;
- 10 issus du forum des Forces vives de la Guinée ;
- 10 venant d’horizons divers.

Source : Projet d’accord politique global interguinéeen (Article 2)

Par Abdou ZOURE

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4 Messages de forum

  • DIALOGUE INTERGUINEEN

    23 novembre 2009 07:31

    J’aurais mieux compris la dite ( y en a-t-il pas de l’autre coté) société civile guinéenne si 1) elle récusait la nécessité des commissions d’enquête pour m’assurer qu’elle a la pleine conviction de la responsabilité exclusive de Dadis et de sa junte des faits sûrs et indiscutablement macabres et inexcusables des morts et viols de femmes ; 2) alors elle ne perdait pas tant d’énergie pour interdire à Dadis et sa clique d’assassins violeurs ou commanditaires avérés de solliciter les votes du peuple guinéen pour gérer démocratiquement la Guinée après la transition , à moins d’être convaincu que le peuple guinéen serait tellement con-bête-ignorant et sans mémoire ; 3) que même dans ce cas elle n’a aucune capacité d’explication et de mobilisation responsables si ce n’est pour envoyer des populations las de la pauvreté qu’elles endurent à l’abattoir de leurs enfants non éduqués (par elle) de militaires guinéens ; Car, 1) autant je considère que Dadis et ses fauves portent une responsabilité minimale qui justifie qu’ils soient fusillés ici et maintenant ne serait-ce par le fait qu’ils assument les postes de responsabilité (et là même si les tueries et les viols étaient le fait d’ennemis extérieurs avérés) 2) autant je trouve que ceux qui, pourtant non ignorants de l’esprit de leur armée (sinon ils sont pas déjà pas de diriger la Guinée, même en rêve…) ont osé ne pas proscrire une marche un jour de fête nationale (où les militaires ont l’habitude de parader), ceux là porte donc également une responsabilité minimale qui les exclue d’une prétention saine à diriger dans un temps immédiat la Guinée. Je demande à la Société civile des deux camps (car cette dichotomie est évidente même si l’une est silencieuse) de demander par principe et en guise de sanction que Dadis et compagnie comme les convoyeurs cyniques des populations aux abattoirs n’est pas la possibilité de se présenter aux élections. De toute façon ils ne parviendraient pas car ils sont tous nauséabondes pour le peuple conscient et majoritaire de Guinée. Car celui qui a apporté la moindre flamme dans un milieu connu aspergé d’essence porte aussi une certaine responsabilité dans l’incendie et les commissions d’enquête ne devraient pas perdre cela de vue. J’invite ces sociétés civiles et les communautés nationales et internationales à s’aviser que dans l’hypothèse que la marche du 28 septembre « se passait comme nous aurions souhaité Â» on serait actuellement dans un tel chaos qu’on compterait peut être autant sinon plus de morts, de violées et bout du tunnel plus éloigné pour la Guinée pour revoir la stabilité (guerre civile pour raison de gouvernement ne maîtrisant plus en plus de l’armée, des populations à la solde de meneurs cyniques irresponsables et non unis). Je défis le dirigeant extérieur qui accepterait envoyer ces hommes mourir en Guinée pour déloger ces fauves acculées du camp Alpha yaya. Enfin, je comprends la stratégie de Compaoré qui à travers son premier projet vise à corriger la gaffe des communautés internationales d’avoir désigné et sanctionné par émotion un camp qui n’a pas la responsabilité exclusive de la situation puisqu’elle même estime des enquêtes pour y voir clair. Ce n’est que par la suite d’une telle correction dans les esprits qu’il pourra mener une quelconque médiation. Autrement, Compaoré devrait comprendre que ces communautés nationales et internationales attendent qu’il envoie plutôt et au plus tôt en guinée, ses vaillants et redoutés militaires faire appliquer les sentences déjà prononcées par elles contre l’armée guinéenne. Mais, pitié pour Compaoré, les meneurs convoyeurs guinéens qui donnent de la voie et posent des conditions de négociations ont certainement des frères et des enfants militaires pour faire exécuter cette noble sentence noble. En attendant que par humilité, ils s’auto disqualifient pour les prochaines élections. Dadis et autres en sont bien sûr bannis.

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    • DIALOGUE INTERGUINEEN 23 novembre 2009 15:11, par Bonisseur

      Bonne analyse ! De toute façon Blaise objectivement ne peut accepter comme telles les propositions des "forces vives !" Quelles sont les forces qui ne sont pas vives ? Les inconsequences de la communauté internationale et de la CEDEAO sont là pour rappeller que s’assoir sur leurs condamnations est très peu réaliste à la lumière de ce que nous avons vu jusque- là et pas loin de nous : Niger, Israel, Soudan etc... Que voulez vous que Blaise fasse que ne soit se faire harakiri.

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      • DIALOGUE INTERGUINEEN 23 novembre 2009 17:43, par Nobga

        Les acteurs guinéens savent qu’ils ne peuvent pas se passer d’une facilitation, même si celle-ci ne sera pas finalisée par Blaise (ce qui d’ailleurs va m’étonner). Le chantage des FVG n’ira pas loin. Où elles négocient et auront la chance de participer aux décisions futures de la construction de la guinée, où elles se contentent de regarder filer leur chance. Le griotisme tant des FVG que de la presse a beaucoup pris le dessus sur l’envie réelle de ses fils de former un bloc solidaire pour ramener la paix. Croyez-vous que les militaires vont se croiser les bras vous regarder les déshabiller ? Pas du tout. Alors, quand on négocie on n’évite l’extrémisme, surtout quand celui avec qui on négocie est armé. Laissez surtout Blaise tranquille ; si ses propositions ne font pas votre affaire, de grâce, faites des contre propositions et demandez à passer au second round, surtout pas l’insulter, car il a tracé le chemin, à vous de le niveler.

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  • DIALOGUE INTERGUINEEN

    23 novembre 2009 21:14, par mobutu

    la descence morale comprendrait mal que ces forces vives s’assaillent à la même table que cette junte qui depuis le début n’a pas accepté reconnaitre sa responsabilité.DADIS lui même s’est borné à dire "qu’il etait désolé".si nous aimons copier l’occident losque cela nous arrange, ayons le courage de les imiter dans les situations graves également. vouloir que les délequés signent un tel accord c’est leur faire signer leur retraite politique anticiper. on a vu les limites de ces genres d’accord avic FEU LASSANA KONTE et en COTE D’Ivoire à côté ce n’est pas rose.les GUINEENS ont tellement payé de leur vie por mériter un tel accord

    Voir en ligne : dialogue interguinéen

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