CAMPAGNE AGRICOLE 2010-2011
Sous le signe des changements climatiques
lundi 10 mai 2010, page visitée 439 fois
Les 6 et 7 mai 2010 se sont tenus dans la salle de conférences de l’Ecole nationale des enseignants du primaire (ENEP) de Fada, les journées de programmation des activités de la campagne 2010-2011 du ministère de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques sous le thème "Quels systèmes de production agricole en réponse aux changements climatiques ?". Ces journées de programmation permettent de disposer d’un tableau de bord des actions à mettre en oeuvre au cours de l’année. Elles ont connu la participation de personnes provenant des directions centrales et déconcentrées, des projets et programmes du ministère et des partenaires.
La cérémonie d’ouverture des travaux a été présidée par Laurent Sédogo, ministre de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques.
Le ministère de l’Agriculture a relancé depuis trois ans maintenant la programmation de ses activités en vue de disposer d’un référentiel de pilotage et d’exécution axés sur des résultats concrets et qui s’appuie sur des indicateurs consensuels de suivi et d’évaluation. Cette année, la tradition a été respectée. C’est Fada, la cité de Yendabri, qui a accueilli ces journées de programmation placées sous le thème "Quels systèmes de production agricole en réponse aux changements climatiques ?".
Laurent Sédogo, ministre de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques, a ouvert les travaux de la rencontre le 6 mai 2010. Il avait à ses côtés Abdoulaye Combari, ministre délégué chargé de l’Agriculture ; Kilimité Théodore Hien gouverneur de la région de l’Est ; Moumouni Kocty, maire de la commune de Fada et le président de la coordination nationale des Centres régionaux de l’agriculture, Nebnooma Sawadogo.
Pour le premier responsable du département de l’agriculture, loin d’être une routine, ces journées de programmation permettent d’impliquer tous les acteurs du secteur agricole et de fédérer toutes les initiatives de développement assignées à son département.
La recrudescence ces dernières années des phénomènes extrêmes comme la sécheresse et les inondations fragilisent davantage les capacités productives des populations rurales. Cette situation interpelle une capacité adaptative à surmonter ces nouveaux défis que constituent les changements climatiques. C’est dans ce contexte, a expliqué Laurent Sédogo, que les présentes journées de programmation sont placées sous le thème "Quels systèmes de production agricole en réponse aux changements climatiques ?".
Trois mois de pluie au lieu de quatre
Les années se suivent mais ne se ressemblent pas. En effet, au cours des dernières années, la campagne agricole a connu un grand changement. Il ne tombe plus quatre mois de pluie comme au temps de nos grands-parents mais 90 jours. En outre, les phénomènes naturels tels que la sécheresse, les inondations se répercutent négativement sur les productions. Il n’y a pas de doute que l’agriculture burkinabè est face à une nouvelle donne due aux effets climatiques. Les phénomènes climatiques sus-cités ont mis en exergue les défis qui se présentent à l’agriculture du Burkina.
De ce fait, selon le ministre de l’Agriculture, il est donc nécessaire de modifier les systèmes de production. Alors, que faire face à cette nouvelle donne ? Que faire pour convaincre les producteurs que les systèmes de production ont besoin d’être modifiés et adaptés à la nouvelle situation ?
Que faire pour que l’agriculture puisse continuer d’assurer pleinement sa fonction première qui est de nourrir toute la population ?
Quatre commissions ont été créées pour essayer d’apporter des réponses à ces questions à savoir la commission ressources halieutiques, la commission céréales et niébé, la commission tubercules et protéagineux et la commission mesures de soutien à la production.
A l’issue des travaux, les résolutions suivantes ont été prises : renforcement de la concertation entre les ministères en charge du développement rural, les ONG, l’INERA en vue d’une meilleure programmation de la production et de la distribution des semences améliorées, organisation avant la fin de la présente saison d’une large campagne de sensibilisation sur l’importance d’une utilisation efficiente des semences améliorées. Il a été aussi décidé la poursuite de la production, l’utilisation de la fumure organique, le développement des mesures de conservation des eaux et des sols ainsi que la promotion de la petite irrigation pour faire face aux changements climatiques. Il ne
reste plus qu’à croiser les doigts et implorer la volonté de Dieu pour que la pluviométrie soit suffisante et normale afin que les objectifs assignés au département agricole soient atteints.
Pour la présente campagne, un objectif d’accroissement de la production céréalière de 20% est assigné, soit 4 352 000 tonnes.
Campagne agricole 2010-2011 lancée à Zanré
Le samedi 8 mai, dans la commune rurale de Zanré, localité située à 45 km de Fada, le ministre de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques a officiellement lancé la campagne agricole 2010-2011 et le Projet d’amélioration de la productivité agricole et de la sécurité alimentaire (PAPSA). Il a été, par ailleurs, question au cours de cette journée de la remise des semences améliorées, d’engrais et d’équipements agricoles suivie de l’acte symbolique de lancement sur tracteur. Après deux jours de travaux intenses pour la programmation des activités pour la campagne agricole, Laurent Sédogo a présidé le 8 mai 2010 à Zanré le lancement officiel de la campagne agricole 2010-2011. Au cours de cette journée de lancement, on notait la présence du ministre de l’Environnement et du Cadre de vie, Salifou Sawadogo, et du ministre des Ressources animales, Sékou Bâ, ainsi que du ministre délégué chargé de l’Agriculture, Abdoulaye Combari.
Laurent Sédogo, premier responsable du département, a souligné que "nous devons repenser notre agriculture en proposant des systèmes de production agricole qui nous permettront d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle de nos populations". Dans la même lancée, le maire de la commune de Diabo, Jean Marie Soubeiga, dans laquelle se trouve la localité de Zanré a fait savoir que "lorsque ta tante change de mari, il faut changer de parents à plaisanterie". Selon Laurent Sédogo, des propositions de stratégies à même d’atténuer l’impact des changements climatiques sur l’agriculture burkinabè devraient être faites. Aussi, des actions phares devront être mises en oeuvre à savoir la mobilisation des eaux de surface et des eaux souterraines afin d’assurer l’irrigation ; la restauration de la fertilité des sols notamment par l’utilisation de la fumure organique ; l’intensification en lieu et place de l’augmentation des superficies et la diversification à travers l’introduction de nouvelles spéculations, la promotion des variétés améliorées, mieux adaptées à nos conditions agro-climatiques.
Le lancement de la campagne agricole 2010-2011 était doublé de celui du Projet d’amélioration de la productivité et de la sécurité alimentaire (PAPSA) (voir encadré). A la suite du lancement officiel de la campagne, des semences améliorées, des engrais et des équipements ont été remis à la population de Zanré. La cérémonie s’est terminée par une récolte de riz effectuée par le ministre de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques, Laurent Sédogo, le ministre des Ressources animales, Sékou Bâ, et le ministre de l’Environnement et du Cadre de vie, Salifou Sawadogo, marquant ainsi la fin de la saison sèche. Le début de la saison pluvieuse a été marquée par un acte symbolique de lancement sur un tracteur par Laurent Sédogo et le ministre délégué chargé de l’Agriculture, Abdoulaye Combari.
Le PAPSA en bref
Le Projet d’amélioration de la productivité agricole et de la sécurité alimentaire (PAPSA) a pour objectif l’amélioration de la capacité des producteurs à accroître les productions vivrières et à assurer la disponibilité de ces produits sur le marché toute l’année.
Le projet a une couverture nationale et couvre les treize régions du pays. Le PAPSA concerne aussi bien les productions végétales qu’animales et forestières. Les groupes-cibles sont les petits producteurs vivriers des trois sous-secteurs des productions agricoles, animales et forestières. Ce projet devrait bénéficier directement à plus de 300 000 ménages pendant les 5 ans.
Pour l’agriculture, la priorité sera accordée aux producteurs exploitant des superficies inférieures à 5 ha de cultures vivrières.
Pour l’élevage, priorité sera accordée aux ménages possédant moins de 5 vaches laitières, 5 truies ou 30 volailles.
Concernant l’environnement, le groupe-cible du PAPSA est constitué des communautés riveraines des 7 aires protégées ciblées.
Le coût total du projet dont l’exécution est prévue pour 5 ans est estimé à environ 51,3 millions de dollars US, soit la contre-valeur de 26,63 milliards de F CFA, essentiellement financé par la Banque mondiale.