Le Pays
jeudi 2 septembre 2010
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La pratique régulière du sport regorge de vertus pour la bonne santé de ses adeptes. Cela est connu. De ce fait, il est conseillé à tout un chacun de pratiquer ne serait-ce qu’un sport de maintien. Mais, l’on peut constater qu’au Burkina, en dehors des cas où le sport est obligatoire (sport de masse (...) lire la suite...



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Le Pays N°4690 du jeudi 02 septembre 2010
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EGLISE ET POLITIQUE

Le clergé kényan est bien dans son rôle
lundi 10 mai 2010, page visitée 272 fois

Le Kenya est actuellement en train de concocter une nouvelle Constitution, histoire de renforcer son processus démocratique. Dans cette optique, un certain nombre de dispositions y sont introduites. Mais toutes ne font pas l’unanimité des Kényans. C’est le cas de deux dispositions dont l’autorisation d’avortement en cas de menace de la santé de la femme en grossesse et du maintien des tribunaux cadis, ces juridictions spécialement instituées pour les musulmans. Ces deux dispositions indisposent particulièrement l’Eglise kényane. Et les responsables profitent des cultes pour s’opposer, à travers maintes homelies, à la nouvelle loi fondamentale à cause justement de ces deux dispositions.

Une opposition qui se manifeste par un appel des fidèles à voter "non" lors du référendum sur la nouvelle Constitution prévue pour juillet/août prochain. L’Eglise a complètement mis les pieds dans le plat politique et d’une manière qui ne plaît pas forcément au régime en place. En effet, elle joue ouvertement les opposants et cela a de quoi inquiéter dans un pays où l’on dit que l’Eglise est très influente. Jusqu’au référendum, les cultes prendront des allures de meetings. Cette attitude de l’Eglise kényane vient remettre en cause l’idée selon laquelle l’Eglise ne doit pas faire de la politique. Dans un pays comme le Burkina, cela a été rappelé par des personnes bien pensantes à la faveur de la sortie des évêques sur l’article 37 de la Constitution relatif à la limitation du mandat face aux intentions de plus en plus affichées par des personnalités de premier plan de le réviser. Les évêques ont essuyé le courroux de ces personnalités pour avoir juste rappelé le contexte dans lequel la limitation du mandat avait été instaurée et dit que la remise en cause de cette limitation ne profite qu’à une minorité. Les prélats avaient été accusés (et continuent de l’être) de faire de la politique, de défendre la thèse de l’opposition et de certaines figures de proue de la société civile.

Si ce qui se passe au Kenya actuellement arrivait au Burkina, on ne sait pas ce que ces accusateurs diraient. En tout cas, on a bien là, la démonstration que l’Eglise peut bien se prononcer sur des sujets politiques et cléricaux, même prendre position, quitte à déplaire aux puissants du moment. D’ailleurs, ce sont ces derniers qui ont tendance à tracer des limites entre l’Eglise et la politique. Pour eux, l’Eglise fait de la politique quand elle prend des positions qui ne leur conviennent pas. Mais quand elle est en phase avec le pouvoir en place, il n’y a pas de problème. Pourtant, c’est oublier que les responsables, les animateurs de l’Eglise ne vivent pas en dehors des sociétés. Comme citoyens, ils ont leurs opinions sur bon nombre de sujets dont la politique. Tout amalgame mis de côté, ils peuvent bien prendre position, surtout s’ils estiment que les politiques jouent avec le feu. Ils font même de la prévention en ce moment car la plupart du temps, quand il y a des tensions sociales surtout en Afrique, les religieux sont sollicités pour jouer les pompiers ou les médiateurs. Bon nombre de politiques oublient très vite cela, une fois la tension baissée. Dire aussi que l’Eglise ne fait pas de la politique, c’est oublier par exemple qu’au début de la démocratisation sur le continent noir en 1990, il a été fait recours dans bon nombre de pays, à des archevêques et évêques pour diriger les conférences nationales souveraines. A l’époque, on ne se rappelle pas avoir entendu de protestations contre l’immixtion d’hommes d’Eglise dans la politique. Aujourd’hui, on dénie à la même Eglise d’avoir une opinion politique, de rappeler les politiques à l’ordre quand, par leurs agissements, ils menacent la paix sociale, l’unité nationale, les valeurs morales, etc. Le clergé kényan n’a pas voulu se laisser distraire et n’a pas hésité à descendre dans l’arène politique. Il est bien dans son rôle.

Séni DABO

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1 Message

  • EGLISE ET POLITIQUE

    11 mai 10:41, par Tapsoba

    Merci Mr Dabo .Toujours du plaisir à vous lire.Dans une république comment comprendre qu il y ait deux justices paralelles ? Une républicaine et une réligieuse ? N est ce pas une porte ouverte à toutes les dérives comme c est le cas au Nigéria avec la charia appliquée dans des Etats musulmans ? Et si chaque confession réligieuse ou coutumier devait revendiquer sa part,dans quelle situation se trouverait le pays ? Pour le cas de l avortement,cela devrait être laissé à la seule appréciation des populations sans ingérence réligieuse car les conséquenses des grossesses compliquées sont avant tous ,assumées par des personnes qui risquent leur vie,et l entourage qui doit supporter ces personnes tant financiérement que moralement.Et ce n est pas le réligieux qui pourra changer quelque chose à ce niveau.

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