SN-GMB
Les travailleurs désemparés interpellent le Premier ministre
mercredi 12 mai 2010, page visitée 112 fois
Ceci est un cri du cœur lancé par les meuniers de la Société Nouvelle des Grands Moulins de Banfora (SN-GMB) au Premier ministre Tertius Zongo. En attendant la reprise des activités de production de la farine de blé, ces travailleurs souhaitent que le Premier ministre agisse pour soulager leur peine. Dans cette lettre ouverte, ils rappellent qu’ils sont sans salaire depuis le 15 octobre 2009 et comptent à ce jour 4 décès.
Excellence Monsieur le Premier ministre,
Après notre correspondance du 26 février 2010 à vous adressée, les travailleurs viennent une fois de plus vous interpeller et aussi prendre à témoin l’opinion publique nationale sur la situation qu’ils vivent depuis le 15 octobre 2009. En effet, le 25 mars 2010, c’est avec plaisir et aussi grand espoir que nous avons suivi votre déclaration face à la représentation nationale et tout le peuple burkinabè quant à la reprise des GMB par l’Etat et le démarrage de ses activités pour bientôt. En cela, nous tenons à vous manifester toute notre reconnaissance et notre soutien pour ce message d’espoir.
Excellence Monsieur le Premier ministre,
Un mois et demi après votre intervention, les travailleurs que nous sommes attendons toujours la date de la reprise effective des activités de notre société. Nous rappelons une fois de plus les risques que pourrait subir l’outil de travail si l’arrêt perdurait dans le temps (rongeurs de câbles, grippages mécaniques, détérioration des cartes électroniques…)
Excellence Monsieur le Premier ministre,
En rappel, dans notre correspondance du 26 février 2010, nous interpellions la haute autorité que vous êtes sur la situation socio-économique des travailleurs et leur famille. Nous comptons à ce jour quatre cas de décès dont un travailleur et trois membres directs de sa famille, des expulsés par des bailleurs de leur maison, des cas d’expulsions d’enfants
d’établissements privés. Nous n’arrivons plus à satisfaire nos besoins primaires (alimentaires et sanitaires).
Cela fait aujourd’hui huit mois que les travailleurs vivent sans salaire dans un dénuement total et sans statut clair (nous rappelons qu’au Burkina, un travailleur fait vivre au moins une dizaine de personnes). N’y a-t-il pas de disposition légale sur le plan social en matière de redressement des sociétés au Burkina ? A moins que le cas des GMB soit en dehors des textes et règlements en vigueur (rappel arrêt 2003 à 2007 et maintenant 15 octobre 2009 jusqu’à quand ?).
Excellence Monsieur le Premier ministre,
Conscients de votre sens élevé de la justice sociale et de votre sensibilité humaine face à la misère que vivent les travailleurs, nous espérons que, avant la reprise des activités de la société que nous osons croire imminente, vous agirez pour soulager les travailleurs, leurs familles et leurs proches car ils ne sont que de pauvres victimes.
En souhaitant que ce cri de détresse ne vous laisse pas indifférent, veuillez recevoir, Excellence Monsieur le Premier ministre, l’expression de notre haute considération.
Pour le collectif
Comité CGT-B
Kaboré Mohammadou (Secrétaire général)
USTB
Gaba Parfait
(Secrétaire général adjoint)